Virginie et les Przewalski

Les juments Przewalski de Juraparc

 

 

 

Depuis environ trois ans, Juraparc (Vallorbe, Suisse) abrite plusieurs juments Przewalski en provenance du parc animalier de Langenberg (ZH). Le cheval Przewalski ou Takhi comme l’appellent les Mongols, est l’ancêtre de nos chevaux. Contrairement aux chevaux issus d’animaux domestiques et retournés à la liberté (par exemple les mustangs), il n’a encore jamais été domestiqué. Les derniers chevaux sauvages ont été aperçus en Mongolie en 1969. Ce cheval n’existe plus dans son environnement naturel pour deux raisons principales: d’une part à cause de la rivalité avec les animaux domestiques pour l’eau et la nourriture, d’autre part à cause des campagnes de capture qui ont eu lieu au début du XXème  siècle. Le Przewalski n’a donc pu subsister que dans les zoos, jusqu’à ce que des projets aient été mis sur pied pour le réintroduire en Mongolie. A fin 2007, quelques 330 chevaux Przewalski vivaient en liberté en Mongolie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Juraparc a fait appel à Virginie Bernhard pour un problème rarissime et complexe: les 4 juments Przewalski, qui vivent paisiblement dans de grands parcs, ne marchent pas assez. De plus, le terrain est très humide. Cela a eu pour conséquence que, depuis trois ans, elles n’ont pas pu user la corne de leurs sabots correctement.

Il y a 1 an, il a fallu faire une prise de sang à deux autres juments. Pour que le vétérinaire puisse les approcher, elles ont été anesthésiées avec un fusil hypodermique. Malheureusement, une des deux juments ne s’est pas relevée: elle a succombé à une crise cardiaque malgré sa bonne santé et son jeune âge. Cela arrive plus souvent que l’on ne le croit avec cette race de chevaux, des équidés très sauvages et hypersensibles au moindre stress. Il fallait donc adopter une stratégie appropriée pour pouvoir soigner les juments sans risquer la vie de ces magnifiques et rares animaux.

Lorsque Virginie, spécialiste de la “maîtrise émotionnelle” des chevaux a été mandatée pour cette mission délicate, elle a décidé de passer son été avec les juments pour les socialiser, sans les désensibiliser pour autant. Un défi de taille, d’autant qu’elle voulait y parvenir «sans les contenir d’aucune manière, c’est à dire sans cordes, sans licols, juste avec les barrières existantes du parc, afin de respecter leur nature sauvage et de ne surtout pas les blesser ni les stresser”.

«J’ai donc compté sur mes connaissances, ma patience et le temps. Il a fallu aux juments (3 sur les 4):
1 semaine avants de ne plus paniquer
2 semaines pour me tolérer
3 semaines pour m’approcher
4 semaines pour oser manger ce que j’apportais
5 semaines pour que je puisse me redresser
6 semaines pour que je puisse les toucher partout
7 semaines pour me donner leurs antérieurs
8 semaines pour faire la sieste avec moi
9 semaines pour me laisser les piquer en intra-veineuse

… Et le tout en liberté!».

Contrôle et soins

Le 18 septembre, en présence d’une vétérinaire, Virginie a pu – grâce à la relation de confiance qu’elle a su établir avec les juments – injecter un sédatif en intra-musculaire afin que l’on puisse contrôler leur état de santé et effectuer les soins urgents. La démarche s’est révélée plus complexe que prévu car le sédatif n’était pas assez performant et aucune des juments ne s’est couchée…Néanmoins, il a été possible de procéder à un bilan de santé plus précis, de contrôler leur dentition et leurs pieds, et ainsi d’identifier un problème dentaire chez l’une des juments et le piètre état des antérieurs pour deux d’entre elles. Toutes ces manipulations, dont les injections douloureuses, n’ont pas porté atteinte à la relation privilégiée de Virginie avec les juments: c’est dire à quel point elles lui font confiance!

Les soins dentaires auront lieu ultérieurement, mais Patricia Wyssenbach, spécialiste en parage holistique, a déjà pu commencer à soigner les sabots mal en point, même si tout n’a, bien sûr, pas pu être fait en une fois.

Dans les semaines qui ont suivi, les vétérinaires et zoologues zurichois ont décidé de reprendre le dossier et de s’occuper des juments avec leur vétérinaire officiel et leur maréchal ferrant.
«Ils m’ont demandé tout mon dossier, avec mes bilans de santé des 4 juments, et le rapport de Patricia Wyssenbach notre pareuse. Sachant que je pouvais leur faire des injections sans les stresser et entre deux caresses, ils préféreront tout de même le bon vieil usage du fusil hypodermique… Sachant aussi que le risque de perdre une jument avec ce genre de traitement est très grand… ils espèrent même que je ne sois pas par là ce jour là. Le responsable du parc, lui, me fait confiance. Il voit bien que grâce à mon travail, les juments sont maintenant faciles à soigner sans stress ni accident. Je n’ai pas fais ce travail pour montrer les éventuelles faiblesses d’un système, mais uniquement pour soulager les souffrances silencieuses de ces 4 juments. Alors j’espère du fond du coeur que ces “scientifiques responsables” acceptent cette réalité et qu’on puisse s’unir pour mieux les aider dans ce même calme… La prochaine étape consistera à réussir à les endormir complètement et leur offrir les soins nécessaires; parage complet, vermifuge, dentiste, prise de sang. Cette 1ère expérience m’a montré à quel point elles me faisaient confiance et je pense au fond de moi qu’elles ont compris ma démarche: les aider.»

 

Retrouvez les juments Przewalski de Juraparc sur la page FB «Lecture comportementale du cheval».
Le site de Virginie Bernhard: www.winchikala.com
Pour en savoir plus sur le parage holistique: www.ecoledeparage.ch

Merci aussi à http://www.cheval-soins-naturels.com/ pour son soutiens.

http://www.cheval-soins-naturels.com/#!les-juments-przewalski-de-juraparc/c13j3

Un grand merci à Sophie Chevailler pour ses magnifiques photos! Ne manquez pas de visiter sa page FB 

 Esh Pewa…

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