L’éthologie une science mais en aucun cas une méthode douce!

Voici une remise au clair de M. Jean-Claude Barrey, éthologue sur le gouffre qui sépare l’étude de ces merveilleux animaux que sont les chevaux et le dressage basé sur des conditionnements et des renforcements négatifs soit disant appelé équitation éthologique pour conquérir une clientèle de plus en plus exigeante mais, qui veux s’entourer des mots tel que respect, douceur, nature… sans trop se remettre en question.

Conseil: noter que l’auteur nous fait bien ressentir son ras le bol (et je le comprend) et qu’il agresse un temps soit peu le chuchoteur envahisseur. Mais tout comme lui, je pense qu’il est temps de remettre les choses un peu en place. Même si sa conclusion sent un peu la peur du cow boy et qu’il ne semble pas favorable à une équitation sans mors (c’est bien triste) il défend avec une ferveur honorable son statut d’éthologue. Mais le sachant juge de dressage, je ne prendrais pas tout au pied de la lettre. ABE


Unité de Recherche en éthologie
Le 6 septembre 2003

Pour la sauvegarde des cavaliers et des chevaux,
Pour la sauvegarde de l’équitation française,

Soyons clairs…

Les éthologues de notre station de recherche, saturés par le battage médiatique autour d’une pseudo-éthologie et inquiétés par l’adhésion de la Fédération Française d’Equitation et de nombreux cavaliers à cet endoctrinement, se mobilisent pour remettre les choses au point. Notre vocation première est de faire de la recherche et de la diffuser et non de rentrer dans des polémiques couvrant des intérêts commerciaux certains, mais alors que la Fédération Française d’Equitation officialise ces pratiques, trop c’est trop, et nous ne pouvons plus laisser dire et faire n’importe quoi sans réagir.
Tout d’abord, le discours et les pratiques des chuchoteurs, nouveaux maîtres et autres bonimenteurs ne sont en aucun cas de l’éthologie.
L’éthologie est la biologie comparée du comportement animal. C’est une science qui demande des connaissances approfondies en biologie animale, en génétique, en neurophysiologie. De plus on ne peut pas faire de l’éthologie sur une seule espèce : on ne comprendra rien au comportement d’un cheval ou de tout autre animal si on n’a pas déjà une connaissance en éthologie fondamentale et sur l’évolution des comportements liée à l’évolution du vivant. On ne peut comprendre les oiseaux que si on sait comment fonctionnent les poissons et les reptiles; pour comprendre les mammifères, il faut savoir comment fonctionnent les reptiles et les oiseaux…
Je doute fort que la génération spontanée de nouveaux maîtres en éthologie équine ait ce genre de connaissances ! On est à peu près dans le même rapport qu’entre le rebouteux et le médecin ostéopathe !
De plus, l’expression « équitation éthologique » ne veut rien dire : l’éthologie est une science d’observation, pas d’intervention sur l’animal.
Si encore leur pseudo-éthologie était sérieuse … mais ils propagent les erreurs les plus extravagantes avec un aplomb extraordinaire !



En voici quelques exemples (hélas) non exhaustifs :

Tous insistent sur le modèle prédateur/proie du rapport homme/cheval.

Heureusement, la vie d’un cheval, même dans la nature, ne consiste pas à être une proie permanente et les « programmes anti-prédateurs » de fuite ou de défense n’ont pas l’occasion de fonctionner très souvent. Pour ce qui est du prédateur, nous voyons ces manipulateurs à peu près en permanence dans des attitudes de primate chasseur, poursuivant le cheval en agitant un bâton à l’extrémité duquel est noué un morceau de bâche en plastique noir, piétiner, et autres grimaces que nous connaissons bien en primatologie dans les confrontations entre mâles. Le bâton lui-même est un morceau de tube métallique laqué blanc, coiffé d’un bouchon en caoutchouc à chaque extrémité, qui a été mis à la mode par Parelli sous le nom de « carot stick », le bâton carotte, parce qu’il s’en sert parfois pour caresser le cheval. En bref, ils ont réinventé la cravache de dressage…


Notons enfin que « prédateur » n’est pas non plus un statut, mais une activité vitale, la prédation, obligatoire pour les carnivores, et facultative pour les omnivores comme l’homme (chasseur-cueilleur). Celui-ci peut très bien adopter un comportement « cueilleur » et s’insérer dans la vie sociale du cheval qu’il faut bien entendu connaître, et non interpréter, ce qui n’est pas le cas général.

Tous prêtent au cheval une organisation sociale de type humain, et parlent de «chef», de « dominant qui dirige », de « leader ou de jument qui conduit la harde», et autres fantaisies de livres pour enfants…

Ils ignorent que la structure sociale des chevaux est une structure de petit harem en réseau (c’est-à-dire où tout le monde surveille tout le monde) d’une dizaine d’individus, poulains compris, où chacun garde son autonomie et son indépendance, et non une structure pyramidale avec un chef (où tout le monde surveille un individu : le chef). Il n’y a pas de chef chez les chevaux (rappelons qu’un chef est celui qui organise l’activité des autres, un dominant est celui qui est prioritaire dans l’accès aux biens de consommation, et un leader, celui dont l’activité paraît intéressante aux autres qui ont, pour cette raison, tendance à l’imiter sans qu’il y soit pour rien). Les règles à respecter sont de ne pas s’écarter du groupe ( l’étalon étant chargé de ramener les égarés par le herding, qui est une activité de sécurité et non une activité de chef), de respecter l’espace personnel et la priorité d’accès aux biens de consommation de ceux qui sont au-dessus dans la hiérarchie de dominance et de faire respecter les prérogatives correspondant à son propre rang par ceux qui sont en dessous. Donc, dans le groupe, personne ne dirige personne ; cela n’empêche pas un fonctionnement cohérent du groupe basé sur l’imitation sociale, l’aspiration sociale, la phobie de s’écarter et le respect de la hiérarchie de dominance, qui entraînent une auto-organisation permanente sans avoir besoin de « diriger ».

Ils ignorent qu’il existe différents types d’agressivité et pas seulement celle du prédateur (que eux même utilisent en permanence sous l’appellation « méthode douce»):

Outre l’agressivité de prédation il y a aussi l’agressivité défensive, l’agressivité de compétition sociale et l’agressivité de dérivation d’angoisse ou d’irritabilité. Elles ont des fonctions fort différentes et n’ont en commun que de mobiliser l’axe H.H.A. (hypothalamus/hypophyse/Adreno-cortical) que l’on appelle souvent « l ‘axe du mal » parce que cette mobilisation trop longue, trop violente ou trop souvent répétée est à l’origine de nombreuses pathologies.

Ils ignorent que la « soumission » obtenue par les méthode du type « join-up » est en fait une aliénation pathologique connue sous le nom de syndrome de Klüver-Bucy :

Cette pathologie est provoquée par les mises en fuite et les blocages répétés du join-up et des pratiques assimilées. Ces inhibitions de l’action cohérente du cheval entraînent une très forte activation de l’axe H.H.A. qui aboutit à « shooter » l’animal par ses propres endorphines et entraînent des lésions des noyaux amygdaliens latéraux du cerveau limbique (le cerveau des émotions) par la libération de radicaux libres provenant de mécanismes oxydatifs exagérés. Les animaux ainsi traités « manifestent une soumission extraordinaire. Ceux qui étaient sauvages et avaient peur de l’homme se sont apprivoisés et n’ont montré ni peur ni agressivité ».

Ils ignorent que le niveau de développement du cerveau du cheval, pratiquement dépourvu de cellules au niveau du néocortex associatif, ne lui permet pas de «comprendre » au sens humain du mot.

Le cheval n’atteint pas le niveau de la « décentration » qui permet à l’homme de se voir et de se mettre à la place de l’autre. Il reste à un niveau égocentrique et sensori_moteur : il perçoit des sensations et il y répond en fonction des programmes propres à l’espèce, de son tempérament, de son vécu et de ses émotions. « Comprendre » n’existe pas dans le cerveau d’un cheval : il ressent et réagit puis apprend en fonction du résultat de son action qui active soit le circuit de la récompense (M.F.B.), soit le circuit de la punition (P.V.S.). Les centres de décision de l’action restent, chez le cheval, à l’étage émotif du cerveau puisqu’il ne possède pas l’étage logique dont l’homme dispose.

Ils ignorent que tout débourrage rapide fait nécessairement appel à l’inhibition conditionnée, qui mobilise le système PVS et l’axe HHA dont nous avons parlé pour la «soumission ».

Le cheval « shooté » aux endorphines se laisse évidemment monter… et la méthode paraît douce car il n’y a pas de violence apparente. Toutes les pratiques qui visent à immobiliser rapidement le cheval rentrent dans cette catégorie et certaines basculent franchement du coté de la maltraitance.

Les méthodes réellement douces font appel à « l’habituation » qui est un mécanisme physiologique de désensibilisation sensorielle progressive et non de blocage moteur. Elle a l’inconvénient d’être lente (au minimum quinze jours à trois semaines) car elle repose sur un grand nombre de répétitions des stimuli avec une intensité faible au départ puis progressivement croissante.

Ils ignorent qu’un cheval adulte ne joue plus et que les « jeux » pratiqués ne le sont que pour l’homme…

La fonction du jeu, uniquement chez les jeunes, est de roder les programmes d’actions qui seront utiles plus tard chez l’adulte. Chez celui-ci, les programmes « ouverts » du jeu se referment et les comportements qui ressemblent tellement à du jeu ne sont plus que des fonctions d’évacuation des tensions.

Ils ignorent que les agressions et les blocages répétés qu’ils font subir en permanence à leur cheval provoquent obligatoirement à plus où moins long terme des séquelles variées.

Nous avons filmé une jument prise de coliques pendant les manipulations effectuées comme « démonstration » par un intervenant connu et apprécié du public. Voici quelques séquelles possibles liées au stress de l’inhibition de l’action, relevées dans diverses publications scientifiques :

- diminution du flux sanguin dans des zones du cerveau participant à la motivation et à la décision.

- La corticostérone produite entraîne des morts cellulaires dans l’hippocampe, partie du cerveau impliquée dans la mémoire et l’apprentissage.

- L’accoutumance aux endorphines produites entrave la prolifération des cellules granulaires du même hippocampe.

- Troubles de l’attention, de l’anticipation et de la prise de décision.

- Troubles du sommeil.

- Syndrome de résignation, syndrome de Klüver-Bucy.

- Ulcération gastrique, fréquente chez les trotteurs.

- Micro-hémorragies intestinales se traduisant par des coliques.

- Tics variés (tic aérophagique, tic à l’ours, hyperkinésie).

- Baisse importante des défenses immunitaires (hyper sensibilité aux maladies banales, au parasitisme, etc…)

- Etc…

Ils ignorent que la vision n’est pas le sens de référence du cheval, mais que c’est toujours à l’olfaction que le cheval se réfère en dernier ressort.

La position latérale des yeux lui donne une vision panoramique étendue, mais pas de vision binoculaire donnant la vision du relief. Il ne possède pas de fovéa sur laquelle l’oeil humain centre les images à l’aide des muscles oculo-moteurs. Ses cellules ganglionaires sensibles sont concentrées sur une étroite ligne naso-temporale, et le sens du relief est provoqué par le déplacement de l’image le long de cette ligne, l’oeil restant relativement fixe. Pour percevoir le relief, il faut donc que l’objet soit en mouvement par rapport au cheval ou que lui-même se déplace par rapport à l’objet. Cela est particulièrement important pour la perception du relief d’un obstacle et l’on voit bien que, dans un saut de pied ferme, soit il saute avec une très grande marge de sécurité, soit il passe carrément à travers. D’autres caractères, comme la forme non sphérique de la cornée et un nombre d’aires visuelles dans le cerveau plus réduit que nous, le spécialise dans la détection très fine du moindre mouvement. Mais, par ailleurs, il essayera toujours de vérifier ce qu’il a vu en allant sentir, l’olfaction restant son sens de référence. L’audition, elle, par la position des oreilles, indique vers quoi le cheval porte son attention, et les deux oreilles tournées vers l’arrière, mais non plaquées, indiquent qu’il porte son attention vers ses sensations corporelles, par exemple lorsque nous utilisons une action des aides.

Ils ignorent que faire faire demi-tour à un cheval sur la piste, tête vers l’extérieur, en lui barrant le passage, constitue une agression caractérisée (un chien de chasse fait ainsi changer de direction l’animal qu’il poursuit) provoquant fuite et stress.

De récents enregistrements au cardio-fréquencemètre effectués dans notre station sur le changement de main par aspiration vers l’intérieur et par barrage et demi-tour par l’extérieur, ont montré que la première méthode, pour un cheval donné, maintenait le rythme cardiaque aux environs de 130 pulsations et entraînait même une baisse de plusieurs points pendant le mouvement. Au contraire, la seconde méthode entraîne un pic brutal de fréquence qui monte aux environs de 200 pulsations. Il en est de même pour les pratiques du genre join-up qui entraîne, non plus un pic, mais un large palier durable à cette fréquence très élevée.

CONCLUSION
Nous arrêterons là cette énumération, car on pourrait écrire un livre entier avec ce qu’ils ignorent et enseignent néanmoins avec aplomb, sans aucune qualification ou avec des diplômes auto-créés au dépend de ceux qui ont passé du temps à obtenir un B.E.
L’analyse éthologique des écrits, des discours et des pratiques sur le terrain de chacun d’eux qui a été entreprise par notre station de recherche fait ressortir que :

- Tous sont des manipulateurs efficaces de chevaux (et pas seulement de chevaux !), se préoccupant peu du bien fondé de leur discours ou de leur pratique du moment qu’ils obtiennent des résultats rapides et, de préférence spectaculaires, ce que Georges Charpak appelle « l’effet Barnum ».

- Ils utilisent des méthodes qui n’ont rien de nouveau puisqu’elles sont utilisées depuis des décennies dans le dressage des chevaux de cirque que nous avons étudié dès les années soixante. Elles sont basées sur des conditionnements de type S et sur des inhibitions conditionnées qui ont pour résultat de « robotiser » le cheval, ce qui est utile pour le spectacle mais mène à une impasse en ce qui concerne l’équitation classique.

- Leurs écrits et leurs discours, particulièrement adroits, sont très plaisants et correspondent très bien au discours que les cavaliers, déçus de la pédagogie actuelle, sont heureux d’entendre. Les mots respect , confiance, accord du cheval, etc. reviennent sans cesse alors qu’il faudrait parler d’aliénation.

- Car, malheureusement, leur pratique ne correspond jamais au discours qui l’accompagne. Cette pratique est d’autant plus dangereuse que la violence qu’elle utilise n’est pas une violence visible de l’extérieur. Elle s’apparente plutôt à ce qu’on connaît chez l’homme sous le nom de « lavage de cerveau ». Nous avons vu et enregistré un cheval faire une colique et un autre s’arrêter en sueur, la verge pendante, ce qui signe un taux élevé d’endorphine dans le sang.
Les méthodes classiques de débourrage avec travail à la longe suivi de travail aux longues rênes, avant tout travail monté, exécuté en prenant du temps (en moyenne un mois), et le travail monté correctement pratiqué selon les principes de l’Ecole Française sont certainement plus douces.
Il est certain que la pédagogie et la pratique dans l’Ecole Française nécessiteraient un dépoussiérage utilisant les connaissances récentes en éthologie scientifique, en neurophysiologie (isopraxie, neurones miroirs…), en biomécanique, etc. si nous souhaitons que l’objectif, dans notre pays, ne s’oriente pas uniquement vers une équitation de tout terrain, sans selle et sans embouchure, … et avec un grand chapeau!

Ce document a été rédigé par :
Jean-Claude Barrey, éthologue, Directeur de la Station de Recherche, chargé de cours en éthologie pour la formation continue T.A.C. à Paris VI, intervenant pendant cinq années consécutives en éthologie équine à l’ENE pour la formation des élèves instructeurs, intervenant dans plusieurs circonscriptions des Haras Nationaux et dans des établissements d’enseignement aux métiers du cheval, ancien cavalier de dressage de 2ème catégorie, juge de dressage membre du CFJD.

18 Responses to “L’éthologie une science mais en aucun cas une méthode douce!”

  1. vincent gillioz

    Bonjour,
    J’ai lu rapidement le texte intitulé L’éthologie : une science mais en aucun cas une méthode douce.
    Apparemment ce texte constitue une critique envers la méthode « Parelli ». D’ailleurs ce texte est notamment illustré par une photo représentant Pat Parelli, son nom est mentionné et le carost stick, utilisé par Parelli est également associé à cet article.
    Votre introduction, faisant référence « au chuchoteur envahisseur » semble également faire référence à Parelli et donne à penser que ce dernier suscite un certain agacement.

    Voulant comprendre cette irritation, j’ai visionné plusieurs vidéos présentes sur votre site et lu l’interview « Comprendre son cheval ».
    Quelle fut ma surprise de constater qu’il existe, entre votre approche du cheval et celle de Parelli, bien plus de similitudes que des désaccords profonds (utilisation de la méthode approche – retraite, faire sentir au cheval ce qui lui fait peur, lire le cheval : connaître son état émotionnel, travail au sol, relâcher la pression au bon moment, encourager le cheval, etc.). Ce jugement serait-il un peu hâtif ou pourrait-il être lié à une certaine méconnaissance de la méthode en question (comme Jean-Claude Barrey qui ignore apparemment le rôle et l’utilisation du carot stick).

    Je trouve dommage ces querelles alors que tout comme vous, Parelli cherche à ce que les cavaliers comprennent mieux leur monture et à favoriser une certaine symbiose entre le monde humain et équin.

    Meilleures salutations

    Vincent Gillioz

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  2. virginie

    Cher Vincent,

    Tout d’abord, merci de nous faire par de votre avis!

    la publication de cet article n’est qu’une information de plus, en effet, nous sommes bombardé de pubs, d’infos, de clinics, sur les méthodes de travail au sol avec les chevaux, le mots éthologie revient sans cesse et cela me dérange profondément. Par ce communiqué d’un éthologue, un vrai, avec qui je ne suis pas en accord sur tout du tout, (je met d’ailleurs les lecteurs en garde au début) j’aimerais ramener un certain équilibre.
    Appelons un chat, un chat. Les humains qui s’amusent à travailler des équidés sont des dresseurs, bons ou mauvais, mais dresseurs quand même.
    Bien évidement, cela fait moins rêver de se dire que l’on “dresse”.

    Je trouve intéressant de faire donc parler d’autres avis et d’autres points de vue sur mon site, même si je suis en désaccord sur certains points.

    Je ne me voyais pas censurer une partie du texte car qu’une moitié me plaisait!

    Pour en revenir à votre constatation, je n’y vois pas franchement une querelle mais un simple avis, d’un personnage irrité il est vrai, c’est d’ailleurs aussi pour cela que son texte est intéressant! Mais là encore j’ averti le lecteur :

    ” Même si sa conclusion sent un peu la peur du cow boy et qu’il ne semble pas favorable à une équitation sans mors (c’est bien triste) il défend avec une ferveur honorable son statut d’éthologue. Mais le sachant juge de dressage, je ne prendrais pas tout au pied de la lettre. ABE”

    Personnellement, son coup de geule, m’a fait du bien. Je n’ai rien contre la méthode Parelli, je suis contre les “méthodes” tout court.

    Virginie Bernhard

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  3. vincent gillioz

    Bonjour,

    J’ai lu avec intérêt votre réponse et je vous en remercie. La fin me laisse toutefois songeur. D’une part, parce qu’elle amorce un débat sans vraiment en dévoiler le contenu de votre pensée (cf. méthode). D’autre part, parce qu’il me semble que chacun a tendance à utiliser une méthode pour réaliser une activité (ensemble de moyens raisonnés pour arriver à un but : une des définitions proposée par le Petit Robert).
    Une méthode n’exclut toutefois pas l’adaptation aux diverses situations (ou chevaux) rencontrées. Elle a en plus l’avantage de donner aux novices (humains) des outils pour appréhender un univers complexe (chevaux).
    De mon point de vue, c’est une des forces du concept Parelli: proposer des moyens relativement simples et efficaces qui permettront de créer une certaine entente / harmonie entre l’humain et le cheval. Les “horsenality” (ainsi que les jeux) vont dans ce sens. Ils démontrent qu’ils existent des chevaux avec plusieurs types de caractères (ces derniers ne sont toutefois pas immuables, mais peuvent évoluer selon la situation ou le cheminement du cheval) et aident ainsi l’humain à tenir compte des besoins de son compagnon…
    Je m’égare peut-être. Toutefois, lorsque vous donnez des cours, vous transmettez certainement un savoir basé sur des réflexions et des observations. Autrement dit, on peut considérer cet ensemble de savoirs comme une méthode, non ?

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  4. virginie

    Cher Vincent,

    Je dois avouer, après avoir bien réfléchis, que la non méthode que j’emploie, c’est à dire, aucune marche à suivre, aucun exercices précis et rassurant, aucun acte bien exécuté ou mal exécuté, aucun matériel spécifique… est peut être une méthode en soi. (?)
    Mes cours sont absolument tous complètement différents, ils se forment au gré du jours, de la météo, de la personne, du cheval et de mon énergie personnelle.
    Les gens sont souvent décontenancé car je ne leur dis jamais si ceci ou cela est bien, j’essaye juste de leur faire trouver par eux même ce qu’ils veulent.
    Mais cette “méthode” se rapproche un peu plus à une remise en question et (ou) un art de vivre.
    J’ai quelques qualités et beaucoup de défauts; une qualité que je n’ai pour sûr pas, c’est bien d’être méthodique.
    J’en ai pas mal souffert professionnellement, mais j’en ai finalement fait une force, cela m’a permis de remettre en question ma “technique” chaque semaine si ce n’est chaque jours.
    Alors bien sûr, il n’y a pas 2 ans de suite ou je travaille de la même manière et cela peut être déroutant pour certains clients, mais grâce à cela, mon esprit reste grand ouvert à toute nouvelles formes d’apprentissage et d’idées, parfois, ce sont même de tout jeunes enfants ou des clients qui m’ouvrent les yeux. Je ne suis pas sûr de pouvoir voir tout cela la tête plongée dans ma méthode…
    Pour en revenir sur la méthode Parelli que vous défendez courtoisement, je n’ai rien contre comme dis plus haut, mais j’estime que comme des dizaines d’autres méthodes, elle est le plus souvent, très mal pratiquée. Comme pour tout dans la vie, on aime à se cacher derrière des appartenances, des groupes, beaucoup on besoin d’être guidé et d’autres se complaise à guider.
    Moi je m’amuse à responsabiliser les gens, qu’ils arrêtent un peu de déléguer et qu’ils se prennent en charge. Mission impossible? Non, difficile et gratifiante, oui. La plupart préfère en effet acheter un licol rouge tout spécial qui leur facilitera le dressage, sans jamais se remettre en question… ils exécuteront des exercices appris par coeur mais ils ne sauront parfois même plus pourquoi.
    Pourquoi faisons nous tout cela?
    Personnellement j’essaye d’aider chacun à trouver sa propre voix avec son cheval. Il est bien clair qu’un vrai effort doit être fournit qu’il faut y mettre du sien! Ne pas se reposer sur des exercices donné à faire, mais bien sur ce que l’on a envie de faire avec son cheval. Et surtout réapprendre à s’écouter soi-même.
    Je ne cache même pas que j’ai déjà envoyé plusieurs clients faire du Parelli car c’est ce qu’ils recherchaient, tout simplement.
    Conclusion; il n’y a pas, à mes yeux de bonnes ou mauvaises méthodes. Il n ‘y a que des bon ou mauvais professeurs…
    Les chevaux sont des êtres différents, une méthode ne nous obligerait elle pas à les mettre tous dans le même panier ?

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  5. vincent gillioz

    Merci pour cette réponse tout en nuance. Comme vous l’indiquez, vous semblez avant tout vous appuyer sur des observations vous conduisant à définir une démarche à suivre (est-ce correct ?).
    Cela démontre une forte expérience en matière de compréhension de l’univers équin. Cependant, cette démarche n’est pas forcément adaptée à un large public. Certaines personnes ont besoin de pouvoir s’appuyer sur certains « piliers » pour progresser.

    Concernant la méthode Parelli, je l’ai avant tout comprise comme une voie vers un meilleur partenariat entre l’homme et le cheval et une plus grande autonomie de ses adeptes. Cela n’empêche toutefois pas certaines personnes à se limiter à des exercices répétitifs, perdant de vue l’essentiel.
    Toutefois, les jeux proposés constituent à mes yeux des outils permettant de mieux entrer en interaction avec son cheval. Ils ne doivent en aucun cas brider une certaine inventivité, mais constituer un socle sur lequel bâtir la relation avec son cheval.

    Autrement dit, en appliquant ses principes, il me semble possible de s’appuyer sur une méthode. Cette dernière propose des outils susceptibles de favoriser une progression commune. Le plus difficile est certainement d’utiliser ces outils au bon moment et à bon escient. Enfin, le concept de « horsanality » (concept évolutif) semble démontrer que l’on tient également compte de la diversité des caractères équins.

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  6. nicolas

    Bonjour,
    j’ai également lu la totalité du texte ci-dessus. On voit effectivement que le texte est dirigé dès le début “ANTI-chuchoteur”. Moi je pense qu’effectivement, il y a beaucoup de charlatants dans ce domaine, beaucoup de gens qui utilisent des termes qu’ils ne comprennent pas. Mais il y en a d’autres, comme moi, qui travaillent avec le temps, la douceur et les bons termes. Bien que le diplôme du’ critique’ soit mis en exergue à nombreuses reprises par utilisation de termes scientifiques que les pauvres cowboys que nous sommes ne savent pas écrire, je ne suis pas d’accord avec l’interprétation de la dominance. Il est possible qu’il n’y ai pas de chef unique mais il est également certain qu’entre deux chevaux qui approchent de l’eau, l’un d’eux prendra le dessus pour boire le premier ! Bref, je pense qu’on critique beaucoup la nouveauté de peur de se faire enterrer dans ses cyllabi. Et s’il est vrai que le terme équitation éthologique ne veut RIEN dire, il est également vrai que le rédacteur ne sait pas de quoi il parle au niveau des exercices de cette nouvelle équitation. L’équitation comportementale a une grande différence avec l’équitation traditionnelle, elle la tolère et lui reconnait parfois certains côtés positifs, ce qui n’est absolument pas réciproque. SOrtez de vos bouquins et de vos termes savants et assistez à un cours correct avec un homme correct et vous changerez peut-être d’avis. Je ne suis ni cowboy, ni chuchoteur, ni même (malheureusement Robert Redford) , je ne suis qu’un homme de la terre et chaque fois que je termine avec un cheval une séance … il y a quelque chose qui ne trompe pas, il revit ! Pour en terminer sur une note loin d’un règlement de compte de bas étage, je dirais qu’il y a du bon à prendre dans tous les styles d’équitation et que c’est en s’unissant qu’on arrivera à trouver LA méthode, peu importe son nom !

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    • MmeLaTresse

      Bonjour,
      Merci pour ces échanges très intéressants.
      Je désire partager mon avis d’apprentie dans le domaine.
      Il est vrai que l’approche de Virginie Bernhard, ne me paraît en aucun point méthodique, et que le terme de non-méthode me paraît bien définir son travail.
      Est-ce que le terme de philosophie serait-il plus approprié ?

      Des conceptions itinérantes, modulées au fil des expériences et observations nouvelles ?

      Une philosophie donc pour nous aider à dégager des principes fondamentaux qui nous permettent de respecter au maximum nos chevaux domestiqués, de trouver des compromis agréables à leurs conditions de vie que nous leur imposons.

      Pour ma part j’’espère bien que au grand jamais nous parviendront à trouver LA méthode. Car à l’heure de la globalisation actuelle, les résultats que nous subissons n’a rien de réjouissant.
      L’idéal serait pour moi de parvenir à observer, questionner, comprendre le cheminement et le but du dressage de l’autre, se nourrir de ce qui nous paraît être respectueux pour le cheval en sortant de nos projections restrictives, et de laisser ce qui nous paraît irrespectueux.

      Qu’est-ce que le respect pour moi? En tout cas pas de rester dans l’illusion que l’on offrirait de la liberté à nos chevaux d’une quelconque manière. Ils sont prisonniers tout comme nous de nos systèmes.
      Alors de tous les plaisirs d’humains que nous leur imposons, j’essaie de chercher les compromis les plus agréables possibles tant pour le bipède que pour le quadrupède.

      Pour moi le respect, c’est de travailler (dresser) avec un cheval libéré au maximum de quelconque matériel. Qu’il soit libre de ses mouvements. Qu’il soit surtout libre d’accepter et de refuser, que son oui ou son non soit entendu, qu’il puisse dire stop, on fait une pause.
      Le matériel me paraît restreindre et limiter cette possibilité.
      Ce n’est pas la recherche ¨du naturel¨ qui définit mes choix, car rien n’est naturel du moment où l’on détient un cheval domestique entre 4 fils ou en boxe.
      C’est le respect dans notre inter-relation, quelque soit les idioties qu’on décide de lui apprendre.
      Et c’est pour ma part cela que j’ai découvert à travers la philosophie de Virginie Bernhard. Elle n’a pas dressé mon cheval. Elle m’a dressé moi à accepter de chercher et de comprendre par moi-même, d’accepter de me tromper, de ne pas me rassurer derrière une méthode, de stimuler ma petite cervelle ( et elle en a bien besoin) à réfléchir et trouver par moi-même mon chemin. Avec des principes de bases respectueux d’une relation bi-directionnelle.
      J’ai du apprendre à avancer à mon rythme, traverser mes doutes, travailler sur mes défauts, accepter mes qualités. Oser inventer, sortir de mes complexes de ne pas être une cavalière née.

      C’est une réelle école de vie que d’approcher nos amis bipèdes avec son accompagnement. Approche qui m’habite et m’aide au quotidien également pour côtoyer mes bipèdes semblables.

      Dans mon envie de comprendre, et aussi lors d’un moment de découragement face à une non-méthode sans sécurité confortable, et stagnant dans mes difficultés, je suis allée prendre un cours avec une instructrice Parelli réputée de la région.
      Je lui suis encore très reconnaissante pour ce qu’elle m’a apporté. Elle m’a permis de sentir et de comprendre l’énorme fossé séparant sa méthode et ce que me propose la philosophie de Virginie Bernhard, même si, de l’extérieur, ces approchent pourraient sembler similaires comme l’exprime Vincent.
      Les outils ne font pas l’intention sous-jacente.
      Je ne désire pas ici critiquer négativement l’une ou l’autre approche, mais partager mon expérimentation.
      Pendant cette première et unique séance j’y ai constaté d’énormes dichotomies dans des principes pour moi devenus primordiaux.
      Je ne citerai que l’un d’eux : la préférence de la pression indirecte, car le but de cette dernière étaient incompréhensibles pour cette dame qui travaille qu’avec des pressions directes.

      De ce que j’ai compris de l’approche de Virginie Bernhard, l’utilisation de cette pression indirecte m’offre une richesse notoire tant dans l’amélioration de ma communication, donc de ma relation, que dans l’amélioration de la réflexion du cheval, et par la même occasion de la mienne.

      Cela me permet d’améliorer et de favoriser donc une relation bidirectionnelle, calmer le stress que pourrait occasionner mes désirs d’humains.
      Et son travail de maîtrise émotionnelle tant sur moi-même que sur ma jument nous rend la vie tellement plus agréable.

      Je ne suis pas à niveau pour comprendre toutes les réflexions agacées de cet éthologue.
      Qu’est-ce que ?
      J’observe que ma jument cherche à comprendre ce que je désire d’elle, grâce à cette philosophie elle cherche elle-même la solution, dans les limites de mon cadre choisi et de ma sécurité, elle reste libre de s’exprimer et nous partageons donc les compromis de nos vies respectives conditionnées, elle dans son pré, moi dans ma société, avec le plus de bonheur possible.
      Merci à Virginie de m’offrir l’opportunité de me rapprocher d’un paradis perdu qui, avec son accompagnement me donne un goût certain de paradis retrouvé.

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      • vincent gillioz

        Bonjour,
        Est-ce que quelqu’un pourrait m’éclairer au sujet des pressions indirectes, notamment en donnant un ou deux exemples.

        Merci d’avance

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    • Sarah

      Les méthodes ne tiennent compte ni des spécificités du cheval, ni de celles du propriétaire, ni de l’instant présent…

      Virginie fait tout cela, et adapte ses nombreux outils, développés au fur et à mesure de ses expériences et prises de conscience en fonction de ce qu’elle observe… Je ne l’ai jamais vue faire deux fois la même chose.

      Virginie a autant de méthodes que de couple “cheval-cavalier” qui ont croisé sa route…

      C’est principalement ce que je reproche à Parelli et autres, ce manque de souplesse et d’adaptabilité… et c’est pourquoi je doute qu’un jour, quelqu’un trouvera “LA” méthode universelle de dressage…

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  7. Roxane

    Super que d’avoir l’opportunité d’échanger. Juste étonnée Viriginie de ta dernière phrase “le sachant juge de dressage… je ne prendrais pas tout au pied de la lette” car si tu le connaissais, tu saurais que s’il y en a un qui défend corps et âme le bien être du cheval en équitation, c’est bien lui.
    D’ailleurs il défend vigoureusement l’équitation avec un grand E et déplore les abus qui ont conduit jusqu’au tristement célèbre “Rollkûr”.

    Je prends des cours avec lui depuis 2008, régulièrement en stage, d’abord en passant par ses cours sur l’éthologie scientifique, ou il démonte certaines pseudo vérités assainées à coup de discours bien rodé des pseudo éthologues (cf. méthodes douces étho, join up etc…) ou nous apprenons QUI est vraiment le cheval et COMMENT il fonctionne ainsi que les CONSEQUENCES de certaines pratiques, puis en prenant des cours d’équitation classique.

    Son tact, son enseignement qui rejoinds les anciennes écoles classiques (La Guérinière, L’hotte, etc.) m’ont fait découvrir que OUI, l’équitation bien menée est respectueuse du cheval. D’ailleurs le bien être du cheval et sa décontration sont LA priorité. L’équitation c’est simple mais son art est difficile.

    Ce qui est sûr c’est que l’apprentissage doit se faire dans le plus grand calme, dans la sérénité et en minimisant le stress. La fréquence cardiaque du cheval en dit long à ce sujet.

    Pour en revenir donc à son texte, oui il est plutôt “contre” ses méthodes toute prémachées qu’on jette dans la gueule des amateurs en recherche de facilité et de cheval “clé en main”, le risque étant d’y perdre son propre bon sens, sa réflexion et la remise en question perpétuelle nécessaire pour évoluer dans le bon sens. Il en a marre de ces chevaux qu’on éteind pour avoir des mobylette à la place. Et je le comprends.

    Vive le cheval, sachons l’écouter avant de chuchotter, et comme tu dis, le cheval à toujours raison (d’ailleurs JC Barrey sors souvent cette phrase ;-) !
    A bientôt !
    Roxane
    PS: si t’as envie de le rencontrer c’est avec plaisir que je t’informerai de sa prochaine visite:-)

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  8. virginie

    Merci pour ces infos intéressantes Roxane,

    pour moi celui qui qui “défend corps et âme” les chevaux n’a rien à faire ni dans le monde du business ni dans celui de la compétition (pareil) …

    Mais je n’ai pas mis son “coup de gueule” pour rien! J’aime cette remise en place! Et je suis en grande partie d’accord avec lui.

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  9. Roxane

    Les chevaux ont besoin d’un défenseur dans le milieu où ils sont les plus bafoués, la compétition, le sport équestre (quoique les abus sont partout).
    Au contraire, je pense que le jour où les juges sanctionneront une équitation en force, alors les chevaux auront une chance d’être montés correctement. Le travail est énorme et même si la FEI commence à se mouiller à peine, les notes des juges auront encore plus d’impact. Il faut leur rééduquer les yeux, réapprendre la locomotion correcte et naturelle du cheval. Les chevaux ont besoin d’être protégés sur tous les front.
    Un combat qui commence à peine et qui peut porter ses fruits parce que les gens s’insurgent de plus en plus contre ces cavaliers internationaux qui maltraitent leur chevaux en coulisse et dont les vidéos circulent sur le net.

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    • Sarah

      Les juges c’est une chose. Il faudrait qu’ils ne soient pas autant immergé dans le milieu pour être véritablement objectif…

      Là ou, personnellement, il y a du boulot à faire, c’est dans les “écoles d’équitation”, là ou les débutants démarrent. Une jeune fille de ma connaissance “a fait du cheval plusieurs années”… sans avoir aucune notion d’anatomie du cheval, qui a 4 pattes… Sans parler des soins de base, de l’alimentation, du langage corporel, des attitudes… elle n’avait jamais été chercher un cheval dans un parc, n’avait même jamais observé un cheval en liberté…
      On apprend à monter à cheval comme on apprend à faire du vélo… pour que les choses changent, je pense qu’il serait nécessaire de sensibiliser les jeunes et moins jeunes débutants à l’animal, avant de leur faire mettre les fesses dessus… Un débutant qui démarre dans un environnement respectueux, qui apprend à connaître le cheval avant de monter dessus, gardera ces bases là toute sa vie… enfin j’espère !

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  10. MmeLaTresse

    Bonjour Vincent,
    merci pour ta question qui me parait primordiale.
    De ce que j’ai retenu en ce qui concerne les pressions indirectes, voici quelques exemples personnels, mais tout est envisageable, notre imagination et notre précision étant les principales limites…
    je crois que pour moi, dans ce que j’en ai compris, c’est la notion principale pour améliorer tant la qualité de ma communication avec ma jument, que pour lui permettre d’aiguiser sa réflexion.

    Donc pour favoriser positivement notre relation mutuelle.

    voici mes quelques exemples:

    si je lui tapote à gauche de la racine de la queue, ( ¨bouton précis que je choisi) elle va reculer. la pression direct serait qu’elle avance si je lui mets de la pression par derrière.

    Si je frappe mes deux étries 2 fois l’une contre l’autre, elle baissera l’encolure jusqu’à avoir la tête près du sol

    si je lui gratte vers les tétines, elle fait le campo

    si je prends appui en sautant sur ses fesses après lui avoir couru derrière, elle ne bouge pas

    si j’écarte mes deux pieds face à elle devant sa tête en sautant, elle me fait le montoir catapulte

    si je lui montre ma hanche droite et que je fais un geste précis avec la main, elle se frottera le front contre mon bassin

    voilà quelques exemples, mais certainement que d’autres personnes pourront te donner des exemples qui servent à quelque chose dans le monde de l’équitation…

    si l’on est précis dans notre gestuelle et dans le timing de ce dernier, les chevaux apprennent nos nouveaux codes en quelques minutes. et s’en rappellent très bien.
    Pas besoin de répéter x fois. ça peut aller très très vite.

    j’espère que j’aurai pu t’éclairer un peu sur cette notion.
    je tente de résumer, mais pas sûre que tout le monde partagera ma définition:

    une pression directe c’est une pression qui génère un mouvement réactif de fuite sans réflexion,

    une pression indirecte c’est une pression qui génère un mouvement réfléchi sans réaction de fuite

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    • vincent gillioz

      Merci pour la réponse.
      En me basant sur les deux dernières phrases, je peux affirmer que la méthode Parelli utilise également des pressions indirectes.
      Autrement dit, je ne sais pour quelles raisons, plusieurs commentaires se rapportant à la méthode Parelli sont erronés. Peut-être par agacement (succès commercial), par ignorance (jugement hâtif), je constate seulement que l’on recherche plus souvent à critiquer plutôt qu’à reconnaître l’intérêt d’une méthode qui vise à améliorer la communication entre les humains et les chevaux. Une démarche qui finalement ne peut-être que bénéfique pour les chevaux !

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  11. Sarah

    Tes deux dernières phrases sont très claires Mme la Tresse, je n’aurais pas fait mieux !

    :-)

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  12. eric pailloncy

    Un ignorant qui a soif d’apprendre
    Deux réflexions, deux:
    La véritable intelligence c’est d’éclairer pas d’éblouir.
    Il ne s’agit pas de tolérer les gens mais de les rencontrer

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