Il n’y a pas d’équitation naturelle.

L’équitation naturelle…

Bien sûr ! Qui a t il de plus naturel pour nos chers équidés, que d’avoir un humain (mal) assis sur leurs épines dorsales !

J’entends souvent les « gens » parler de mon travail (ou du leur) en ces termes. J’avoue que cela m’exaspère… Je me bas pourtant depuis toujours contre ce genre de discour. Il n’y a rien de naturel à travailler un cheval au sol aussi bien que sur son dos, que nous  utilisions un mors ou non, cela n’a aucune importance. Tout comme le parage naturel n’existe que dans la nature !

Les mots : naturel et éthologique reviennent à outrance dans notre monde équestre, pourquoi ? Eh bien parce que cela fait vendre, cela séduit nos petites consciences misent en berne pour l’occasion. Histoire d’avoir bonne conscience justement.  Mesdames et Messieurs, si vous voulez pratiquer un « hobby, art, loisir, » naturel avec les chevaux, essayer donc l’observation des chevaux libre en vous faisant tout petit et silencieux.

Il n’y a plus grand chose de naturel chez nos chevaux domestiques, même leurs particularités physiques ont été modifiées en permanence par l’homme selon ses désirs.

Nous faisons de la compétition, de la ballade, du cirque en liberté, de la haute école, du grooming, de l’élevage, de la thérapie mais je vous assure que rien de tous cela, n’a rien de naturel du point de vue de nos équidés.  Même si nous avons l’impression de le faire en douceur…

Où commence et ou fini donc le naturel  entre nous, humains opportunistes et  eux, animal grégaire de proie ?

Il nous semble si logique de monter à cheval, si naturel…  tout cela parce que nos ancêtres ont appris rapidement à en tirer partie alors que la vie était plus proche de la survie. La chasse, le laboure des terres, les déplacements et les guerres ont vite mis nos chers équidés au rang d’incontournables.

Mais si un humain est naturel , c’est qu’un cheval l’est par déduction, aussi… ne fait on alors pas, un jolis mélange bien nature ?

Le souci, c’est que l’humain est certe, un produit 100% naturel, mis à part quelques pace-makers et autres prothèses siliconées, mais ses actes le sont généralement nettement moins. Mais j’irais plus loin en me demandant, ou commence le naturel et ou finirait il ?

Le bois est naturel, le plastique ne l’est pas, mais le plastique est formé de polymères qui sont elles même formées de macromolécules et tout ce petit monde vient bien quelque part de source naturel… alors à quel moment bien défini, la chose se transforme t elle en une autre, cette fois non-naturel ?

Un humain assit sur un cerf ou un rhinocéros nous semble il naturel ? Pas vraiment… mais ce même humain assit sur un cheval le deviens. Pourquoi ? Par conditionnement voilà tout. Nous y sommes habitué.

Ainsi, observer et même parfois carrément payer, pour voir un cavalier de saut qui cravache son cheval afin de s’assurer qu’il ne refuse pas l’obstacle nous coule dessus. Alors qu’un paysan qui donne un coup de cravache à un cheval pour le mettre dans le camion du boucher nous coupe le souffle.

Dans le monde animal nous voyons rarement des actes de violence, imaginer cette scène, où une personne taperait son chien devant tout le monde en pleine ville, il s’en découlerait un véritable élan de solidarité pour protéger ce pauvre animal apeuré…  nous aurions facilement de la colère envers cet individu si mal intentionné. Imaginez vous alors qu’il vous explique qu’il voulait alors juste s’assurer que son chien passe l’escalator … sans refus…

Mais je m’éloigne du sujet, est ce qu’on peut vraiment faire subir toutes nos fantaisies à nos chevaux, si on enlève le mors de la bride, l’arçon de la selle, les fers des sabots (pourtant bien utiles pour compenser nos actes) et en utilisant un licol vert plutôt que bleu, un stick orange plutôt que noir et un chapeau plutôt qu’une bombe… et appeler ça l’équitation « naturel »…?

J’en doute…

Disons qu’à partir du moment où l’on considère que se servir d’un animal en dépit de son plein gré, pour son propre plaisir personnel, est naturel, alors, vous faite de l’équitation naturelle !! Et au diable notre remise en question !

ABE

Virginie Bernhard

11 Responses to “Il n’y a pas d’équitation naturelle.”

  1. Sonia

    Le cheval est depuis longtemps un business – personne ne l’ignore – et qui dit business dit (notamment) marketing et créneau porteur. L’éthologie? Ce terme, qui, je me permets de le rappeler, signifie étude du comportement des espèces (et n’a donc justement rien à voir avec un mode relationnel ou une interaction), a été détourné à des fins souvent plus que suspectes. Les mots “équitation éthologique” me font lever les sourcils avec une grande perplexité et “dressage éthologique”, alors là, c’est le pompon, les bras m’en tombent… Toutefois, tout ce qui amène l’être humain à être un peu moins barbare, tant avec ses congénères qu’avec les animaux, me paraît appréciable. La route est encore bien longue jusqu’à ce que l’être humain ait assez de respect pour lui-même pour cesser de se mentir, pour ouvrir les yeux sur les désastres qu’il provoque et pour mettre le respect de la Vie sous toutes ses formes au-dessus de toute autre considération…

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  2. Sarah

    Encore une fois à 150% d’accord… On est en plein “boum” de l’effet de mode, on voit et entend tout et n’importe quoi!!! Mais ça fait vendre….

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  3. Antoine

    La seule chose que l’humain ait en commun avec le cheval, c’est les moments ou l’histoire qu’on veut bien partager. :-)

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  4. Hippocampe

    Ne crachez pas sur le marketing… Et l’apport de ces nouvelles approches (pas si nouvelles finalement mais peu importe la n’est pas la question) est tel par rapport à l’enfer que nos chevaux vivent encore aujourd’hui quotidiennement sur tous les terrainsde club que franchement un peu de marketing et de bonne conscience et ben je suis preneur.
    Le marketing de la FFE, le nouveau programme des galop ? N’est ce pas pour faire vendre ? Sous la banière de la domination par force, contrainte du cheval ? Si.
    Alors même si je suis bien d’accord que “l’équitation naturelle” consiste a regarder les chevaux sauvages dans la steppe, regrouper sous la banière “equitation éthologique” ou “dressage ethologique” ce nouveau rapport au cheval permet de différencier radicalement de l’approche traditionnelle FFE, de ses dogmes moyenageux, de ces poulies, ses courroies, ses élastiques et autres enrênements diaboliques.
    Le marketing au service du cheval ? Je prend. Tout est bon pour les soulager de notre bêtise et notre volonté de domination par la force.

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  5. Chrsitian

    D’accord avec cet article un peu dialectique. la recherche du naturel n’exclut pas l’intervention humaine. Il manque un développement : Comment utiliser un cheval dans son équilibre naturel ? C’est là que les anciens avaient un savoir et qu’il faut y revenir.

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  6. manon

    TOUT n’est que ramassis de conneries pour moi dans ce monde. Naturel ou pas, qu’est ce qu’on en a à faire, ce n’est qu’un mot non ?
    On a appelé une fourchette une fourchette mais elle aurait très bien pu s’appeler autrement !! S’énerver sur un mot que peut prononcer une personne !! Mais ou va le monde mon dieu. Les gens ont appelé cette équitation “éthologique”, j’imagine qu’ils trouvaient que monter sans mort sans selle ni autre outil était plus naturel que tout ces outils de travail que l’on rajoute ! je dis bien PLUS naturel et non NATUREL !!!! Moi je crois juste que tout les gens ragent et se trouve des excuses pour critiquer les autres ! Sans le langage les gens auraient sûrement autant aimer monter en toute liberté sur leurs chevaux. Je crois aussi d’ailleurs que si on dit équitation éthologique, c’est bien parce que cette méthode est basé sur l’étude du comportement équin, ses envies, ses réactions, ce qui peut le faire bouger etc !! Avec cette méthode on cherche à le comprendre et lui faire comprendre et personnellement, conditionnement tu dis, je suis d’accord. Mais dis moi, crois tu qu’un animal ai envie de répondre au plaisir de son propriétaire si ce n’est en le conditionnant pour !! Si tu récupères un cheval sauvage et que tu ne prends jamais le temps de le conditionner comme tu dis, crois tu qu’il s’intéressera à toi si ce n’est pour des caresses ou de la bouffe si tu ne lui apprends jamais rien. ?. Tu pourra peut être le monter, avec le temps et la confiance, sans l’éduquer mais tu ne pourras jamais en faire un cheval de dressage ou quoi que ce soit d’autre !! Il faudrait bien que les gens voient clair, un animal n’a pas envie de nous particulièrement, il est très bien dans son pré à brouter et gambader avec les copains, c’est nous qui voulons qu’il nous aime et qu’il soit montable et gentil et bien dressé, seulement nous !! Eux ils s’en foutent !! Alors je suis d’accord sur le fait qu’il n’y a rien de naturel pour eux puisqu’on les oblige à rentrer dans nos vies mais je pense que monter en liberté en randonnée est bien plus naturel pour un cheval que d’enchaîner un tour de CSO avec éperon cravache et mort !!! Alors on peut pas dire que c’est naturel ou éthologique mais en tout cas s’est grâce à l’éthologie et à l’envie de donner au maximum la liberté à nos chevaux (tout en voulant garder NOTRE plaisir) qu’on en est arrivé à de si belles relations et de si belles choses aujourd’hui. J’avais besoin d’écrire, besoin d’exprimer. Pensez ce que vous voulez mais en secret. je ne veux ni réponses, ni clash, je suis venue ici donner mon simple point de vue et JE NE VEUX NI QU’ON ME DISE QUE J’AI RAISON NI QUE J’AI TORD; Car je crois qu’on à tous raison et tous tord, tout dépend du point de vue ou l’on se positionne. Tout peut être bon ou mauvais pour nos chevaux, je dis bien TOUT ! C’est comme le parage, Parer ce n’est pas naturel, le naturel serait de ne JAMAIS toucher au pied mais parer est bien plus NATUREL que des fers ! Voilà pourquoi aussi je pense que tu peux voir partout le mot naturel et éthologique. Après avec l’utilisation qu’on a de nos chevaux, on est obligé de faire appel au maréchal surtout si tu as un cheval à pied sensible et tu peux choisir de parer pour rester le plus naturel possible. Y’a un moment ou il faut bien se dire que vouloir être amie avec des animaux à la base sauvage, ne pourra jamais être quelque chose de NATUREL. Mais ça l’est pour nous, parce qu’on a toujours vécu comme ça. Qui se verrait ramené son cheval à l’état sauvage ? Personne n’en a envie mais ce serait bien le seul moyen de le laisser vivre naturellement. Sauf que même lui ne réussirai pas forcément à subvenir à ces besoins tout seul. On a fait du cheval, un être qui a BESOIN de l’homme, on a changé sa nature et on a donc changé tout ce qui est naturel pour lui. Et je crois vraiment qu’il faut arrêter d’hausser les sourcils ou de s’énerver pour de simples paroles ! Chaque parole peut avoir une signification différente suivant qui la dit ! Et pour moi le naturel aujourd’hui c’est ce que l’on peut offrir à nos chevaux qui ressemble le plus à leur vie d’origine en sachant que jamais rien ne sera vraiment naturel ! Mais comparé à tout ce qui peut exister “l’équitation éthologique est à mes yeux bien plus naturelle que d’autre chose”. J’ai un peu tout mélangé mais j’ai écris ce que j’avais sur le coeur. S’il vous plais pas de polémique, je n’attend vraiment rien en retour. j’ai juste trop lu, trop vue de choses et trop penser sans pouvoir m’exprimer, je ne crois pas qu’il y aura des millions de gens ici alors j’ai décidé d’exprimer ce que je ressens au lieu de me taire. Pour une fois ^^

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  7. didier Touzet

    Tout à fait, entièrement en accord avec ce discours , tout comme les termes d’équitation éthologique qui sont galvaudés et erronés , l’équitation naturelle comme le parage ,n’ont de naturel que leurs noms , mais ce sont quand même , je pense des avancées dans les rapports Homme/Chevaux tant est que ces “techniques” ne soient pas entre les mains de marchands de bonne aventures ou de gourous surfant sur un phénomêne de mode pour se faire de l’argent. Nous devons reconnaître qu’a partir du moment ou l’homme à posé son fessier sur le premier cheval, l’équitation n’a plus rien de naturel. Militant pour un meilleur bien être du cheval dans son utilisation , avec le moins de contraintes et de douleurs possible , je suis un fervent défenseur du sans mors, du pied nu et de la vie en groupe et en liberté. Ce n’est pas la panacée , cela reste une utilisation ,bien sur mais une meilleure utilisation. . C’est aussi pour cela que jepréfère parler de “monte alternative” plutôt que d’équitation naturelle. Mais je suis conscient que je n’ai pas encore la sagesse ultime de la photographe ” Carina macLaughlan ” qui dit je site : “J’ai cru enfant que pour aimer les chevaux il fallait les monter, et
    c’est au fil de longues années d’obstination équestre que j’ai compris la méprise.
    D’assise sur leur dos, je me suis couchée à leurs pieds..”

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  8. Julie

    Je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à avoir ce questionnement. Très belle réflexion. Merci !

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  9. Jean

    Veut, veut pas, depuis que l’Homme a domestiqué le cheval, celui-ci a perdu un peu de son naturel. Maintenant que nous l’avons ‘dénaturé’, nous en sommes responsables. Notre comportement avec lui doit être plus ‘relationnel’ que ‘dominateur’ en reconnaissant et en respectant son individualité.

    Et si le cheval parlait, voici ce qu’il pourrait nous dire:

    Quand je ferme les yeux!

    Quand je ferme les yeux,
    Je me vois galoper dans d’immenses prés
    Avec mes frères et sœurs en toute liberté.
    À l’époque, nous étions forts et nombreux.
    Notre seul toit… l’immensité des cieux
    Dont l’humeur forgeait notre endurance,
    Dont la clémence ravivait notre vaillance.
    En danger, nous étions tous solidaires.
    En sûreté, nous étions tous grégaires.
    J’étais alors si heureux !

    Quand j’ouvre les yeux
    Je te vois, toi et ta horde me chasser,
    D’abord pour te nourrir, puis me casser,
    Pour me rendre complice de tes guerres,
    Pour accroître tes biens et tes terres.
    Tu m’as asservi, tu m’as exploité
    Et tenté d’écraser ma volonté
    Pour faire valoir ta supériorité,
    Et vouloir cacher ta fragilité.
    J’étais alors si malheureux!

    Quand tu ouvres les yeux
    Tu me vois enfin sous un nouveau jour
    Tu vois enfin ce que j’ai fait pour toi.
    Sans moi, aurais-tu pu bâtir ton toit ?
    Sans moi, aurais-tu pu vivre ce jour ?
    Aurais-tu pu conquérir ces continents ?
    Serais-tu arrivé ici, maintenant ?
    Tu discernes mieux notre raison d’être.
    Tu m’abordes maintenant comme un être.
    Mais ça me fait si peur !…

    Quand nous fermons les yeux
    Nous nous voyons enfin l’un et l’autre.
    Tu as pénétré et compris mon âme.
    Tu as finalement gagné mon cœur.
    Tu as réussi à chasser ma peur.
    Je travaille avec toi avec tellement de cœur.
    Je ne limite ni valeur, ni ardeur.
    Je te laisse être mon guide et mes yeux.
    Maintenant, nous ne sommes plus qu’un, l’un et l’autre.
    Quand nous fermons les yeux !

    Jean Lecocq – Février 2011
    Offert à Taïga, la jument aveugle et à Julie, ses yeux.

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