Epilogue

Epilogue,

J’ai parcouru la planète d’Est en Ouest et du Nord au Sud à la recherche de chevaux difficiles, sauvages et traumatisés, dans le but premier de me retrouver devant une grande difficulté.

J’aime les difficultés. Pourquoi ?

Peut être parce qu’elles nous obligent à nous arrêter et à réfléchir avant d’agir…

Ou encore parce qu’elles nous poussent au bout de nos limites et ne cherche t on pas cette frontière depuis notre plus tendre enfance ?

Et après cette limite, que trouve t on ? Ou qu’essayons nous de prouver?

Peut être le fait que l’on a plus vraiment besoin de (se) prouver quoique ce soit ? Une certaine tranquillité ou oserais-je même parler d’une certaine sérenité personnelle ?

Je suis à un tournant de ma vie, un de ceux ou l’on réalise vraiment pourquoi on a fait certains choix, pourquoi ce métier, pourquoi les chevaux… équitation ou chevaux???

J’ai tout d’abord fait ce métier car je cherchais à fuir mes semblables, les humains. Cela à fonctionné un certains temps puis, la réalité m’a rattrappée. Il y avait toujours des humains derrière chaque cheval. Alors j’ai essayé d’enseigner aux humains à monter à cheval, tache plutôt vaine à mes yeux. Je me suis toujours dis que si moi j’y arrivais tout le monde pouvait, alors j’ai décidé de leur apprendre à dresser eux même leur chevaux, puis, finalement, j’ai accépté une certaine réalité. Tout le monde n’a pas cette volonté de comprendre et ou de se remettre en question…

Une fois le deuil de cette prise de conscience passée, j’ai finalement pris un réel plaisir à enseigner, les humains m’interessai bien plus et je me suis mise bien moins de pressions par rapport à leurs résultats. Je n’enseigne qu’a une poignée de motivés qui cherche tout comme moi à se remettre en question et à réellement mieux comprendre leur animaux.

Le fruit de mes longues recherches prend enfin tous son sens, car j’ai fini ma thérapie ; je suis un humain…

Ces dernières années à passer mon temps à mieux écouter les humains, m’ont finalement ouverte les portes de la communiquation avec les chevaux !

Je les comprend enfin mieux. Et ce qu’ils ont à me dire ne me plais pas du tout.  Mais c’est une réalité et je dois l’accepter.

Mais que faire de cette réalité ?

Je suis dresseuse de chevaux… je suis enseignante d’équitation… j’ai été gérante d’un centre équestre pendant 10 ans… J’ai formé plus de 400 chevaux et je ne sais combien d’humains dans tout ce petit monde équestre…

Tout cela pour quoi ? Pour me rendre compte que je n’ai jamais vraiment aidé un cheval de toute ma vie !

J’ai juste rendu le travail plus facile aux propriétaires et cavaliers…

Bien sûr que j’ai diagnostiqué beaucoup de douleurs qui ont pu être soignées, j’ai aussi redonné confiance et calmé certaines âmes mais j’ai aussi débourré des centaines de chevaux pour que l‘on puisse monter sur leur dos et les diriger, remis en confiance des animaux pour qu’ils puissent repartir en concours et en rando…

J’était une vendeuse de poisson… Vous avez faim ? je vous vend un poisson… c’est facile, rapide, vous obtenez imédiatement ce que vous voulez, en échange je recois de l’argent, de la gratitude et un client satisfait car sans trop d’efforts il a eu ce qu’il voulait.

Je tend à devenir une enseignante de pêche à la ligne… bien sûr, c’est bien moins gratifiant sur le moment, car la plupart des gens n’ont pas vraiment envie d’aller apprendre à pêcher… et surtout, ils ont faim la tout de suite, ils n’aiment pas se mouiller ou encore moins patienter. En échange moi je recevrais moins de sourires et moins d’entousiastme…

Qu’importe.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes tous des dresseurs de chevaux, bon ou mauvais, vos chevaux dépendent entièrement de chacun de vos fait et gestes, de vos décisions, de vos intentions et de vos réactions.

Il ne dervait plus y avoir de dresseur de chevaux, mais bien que des dresseur d’humains…

Virginie Bernhard

 

« Lorsqu’un cheval refuse un exercice, cela signifie que tu ne le lui a pas appris. Si un cheval exécute mal un exercice, cela signifie que tu le lui a mal enseigné ce dernier. » A.N.

 

7 Responses to “Epilogue”

  1. Sarah

    Je peux venir pécher avec toi mon Amie ?
    :-)
    Merci d’être toi, d’avancer et surtout de nous permettre d’avancer un peu avec toi !

    bizzz and love U
    Sarah

    Répondre
  2. Marylène

    Voilà un joli texte et une sacrée réflexion ! Je la comprends mais je n’en suis encore qu’au début du chemin… grâce à toi, j’ai appris à communiquer avec ma jument et je la regarde différemment. On avance toujours très doucement, la faute à mes doutes et mes appréhensions, mais tant que je l’écoute elle, et que je respecte ses besoins du mieux que je peux, nous sommes heureuses ensemble. Et ça, c’est grâce à toi, MERCI d’avoir croisé notre route, de ton infinie patience pour éduquer les humains ignorants et fermés d’esprit que nous sommes ;-)
    Je me réjouis de suivre tes aventures et tes nouveaux défis.
    Amicalement,
    Marylène

    Répondre
  3. Patricia Wyssenbach

    Hello Virginie,

    Bravo pour ton franc-parler, ton engagement mais aussi ton respect de toute forme de vie…cela devient rare de nos jours. Bravo également de développer chez eux qui y sont prêts et le veulent, ce feeling si précieux avec nos amis du monde animal au sens large. Faire comprendre, enfin, qu’un cheval est bien plus qu’un cheval mais un individu à part entière, libre de sa pensée, de ses sentiments, ayant un droit de libre arbitre…et surtout un être fini, pafait, capable de se gérer et de savoir ce qui est bien pour lui ou pas…mais trop souvent muselé pour pouvoir nous le dire librement.
    Les chevaux qui croisent ta route ont certes de la chance, mais peut-être cnore plus les humains et pour autant qu’ils sachent le voir, ouvrir les yeux et recevoir ton regard comme une initiation à une autre dimension de la Vie.

    A tout bientôt

    Patricia

    Répondre
  4. Ambre Hanselmann

    Merci de partager avec nous ton chemin Virginie!
    Ces enseignements que tu nous transmets sont si précieux! Depuis notre stage chez toi, Top Tune (Mr. Big!) et moi allons de mieux en mieux! ça a été un énorme chamboulement, surtout pour moi, mais je vois les résultats dans ma vie, avec mon cheval et sur lui aussi!
    Maintenant, quand je suis avec lui et que je lui demande des choses, je cherche plus à être un guide, patient, attentif à être clair et ouvert à me remettre en question sur ce que j’aurais peut-être mal expliqué ou exprimé…Je vois mieux aussi quand il cherche à trouver une solution ou quand il essaie d’esquiver la demande…Une vraie relation et communication s’installe!
    Alors ça n’est pas de tout repos, mais quand je suis avec mon cheval maintenant je ressens moins de stress à vouloir contrôler ses faits et gestes et plus d’amusement à essayer de comprendre ce qu’il cherche à me communiquer et à me faire comprendre aussi à mon tour! Sacré biélo-russe, sourd, muet, etc. etc.! ;) C’est comme si un mythe était tombé et que du coup la réalité en devient plus légère…
    Nous avions bien besoin de cette rencontre avec toi et nous nous réjouissons déjà de te revoir bientôt!
    Encore merci pour tes leçons d’humilité et de conscience!
    Belle route à toi! :)
    Ambre

    Répondre
  5. Lukas

    Ou peut-être plutôt soigneurs d’humains? Mais qui est capable de soigner les humains? Pendant que tu te fais des soucis pour tes chevaux bien nourris, les gens meurent de faim pas très loin de nous, s’entre-tuent au nom de la liberté qui n’est plus rien qu’un mot. Nous vivons dans le mensonge quotidien. Les chevaux, qui ont une certaine capacité de supporter des souffrances, ils nous accompagnent dans tous nos délires. Ils tirent la charrue, ils nous portent dans la bataille, ils nous font gagner de l’or aux jeux olympiques, ils nous aident à comprendre notre propre partie animale, voire notre partie divine… Ils nous accompagnent. Et ils se reproduisent très bien dans cette coexistence étrange. Génétiquement parlé un succès pour eux!
    Ils sont des miroirs. Avec nettement moins de servilité que les chiens. VA dans ta vraie paix, ta vraie liberté – ils te suivront aussi.

    Répondre
  6. Nicole

    Salut,
    j’aime bien ton parallèle sur la pêche et la vendeuse de poisson, parcontre je pense que ceux qui veulent aprendre à pêcher ne sont pas les mêmes que ceux qui veulent du poisson , il y aura toujours les uns et les autres.Il y a parfois des moments magiques à attendre le poisson mordre à l’ameçon,le voir évoluer, essayer de comprendre ce qui le fera mordre ou pas. Je n’ai jamais considéré ma pêche bredouille même en l’absence de prise, chaque fois on peut y apprendre des leçons, à tel point que finalement attraper le poisson était devenu secondaire, ce qui était plus important c’était de le voir évoluer dans l’eau. libre tout simplement !
    Apprendre aux gens à comprendre les chevaux et à penser comme eux, voilà déjà tout un programme…
    Passer du temps vers eux et se demander qui sont-ils ?
    J’espère que tu auras encore du plaisir à être et passer du temps avec les apprentis que nous sommes et distribues-nous encore un peu de ton savoir afin de nous aider dans notre quête de la connaissance du cheval. Merci. Salut. A bientôt…

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas publi)