Coup de gueule économique.

Cher gens,

Je suis fatiguée, fatiguée d’entendre que les tarifs sont  ”trop cher”.  Même si je ne l’entend pas beaucoup personnellement car les gens qui le pense ne me rencontre tout simplement pas!
Mais dès qu’il s’agit de dressage à plus ou moins long terme les gens s’affolent. Ca doit être la somme vue d’un coup quoi doit faire ça… Je devrait plutôt dire que c’est 67 .- par jours, là ils partiraient moins en courrant je suppose. Pourtant le résultat est le même. Mais nous sommes bombardé de prix bonus, de soldes% à l’années et de leasing en tout genre, peut être devrais je en faire de même?
Dire ce ne sera que  99.99.-frs!!  avec un licol offert!!!
au lieu de dire :  150.-frs + taxes. …?
(Pensez vous vraiment que demander 67.-frs par jours (sur un mois) pour dresser, rééduquer ou débourrer votre cheval est trop demandé avec mon parcours et mes compétence? Parfois je demande comment vous fonctionnez. )
Les propriétaires de chevaux de nos jours, ne sont plus en phase avec la réalité (économique).
La fautes à qui?
- Aux paysans Suisse, (ou devrais-je dire aux filières laitières à l’étranger qui tue à petit feu nos exploitations laitières) qui sont obligé de restructurer leur ferme laitière en écuries bon marché, aux tarifs imbattables mais sans aucune infrastructures professionnelles.  Et qui laisse souvent libre cours à un grand n’importe quoi au sein des écuries ou il n’y a plus aucune trace de personnes qualifiées et ou du coup, les clients (Clients et non plus élèves) font la lois ?
- Aux centres équestres qui crée des pensions toujours plus basses afin d’essayer de remplir (à tout prix) leurs installations. Et qui de ce fait, donnent raison aux Consommateurs exigeants (Client et non plus élèves) alors que les prix des matières premières montent! Ils tournent donc presque à perte. Ils sont obligé de se retourner avec la compétition et son business pour s’en sortir. Ce qui fait fuir les non-compétiteurs dans les ferme, la boucle est bouclée ?
- A tout ces apprentis dresseur(ses) qui suivent de petites formations en apprenant une méthode par coeur et qui s’infiltre dans le métier avec de la pub, des beaux discours et des tarifs attractifs, critiquant sans vergogne les autres professionnels afin de d’assurer leur clientèle. (il est sûr que rentabiliser 3 mois de stages est plus facile que 15 ans de formations et de recherches). Cela va de même pour beaucoup de dentistes, parreurs et autres métiers du cheval sans besoins de formations professionnelles reconnues  ?
- A tout ces magasins d’équitation, qui ont été obligé de suivre la route de la consommation en masse et de la perte de toute qualité et du savoir faire.
Réduit à vendre des cravaches à paillettes, des vêtements et des bonbons aux carottes. Des articles meilleurs marché car fabriqués en masse en Chine et au Sri Lanka…par des personnes réduites à l’esclavage ?
- Aux maquignons, toujours bien présent, qui vous vendent des chevaux à de petits prix, car malade, boiteux ou encore volé en France et dont vous ne découvrirez jamais la vraie histoire car on ne veux pas passer à côté de ce petit prix! Au mieux on se dira qu’on l’a « sauvé » d’un méchant maquignon. Qui lui repart à chaque fois les poches pleine…    ?
- A vous, propriétaires de cheval en quête d’harmonie et de bien être au rabais. A notre réalité financière et économique. A cette ère de sur-consomation et du vite fait bien (mal) fait.
A notre société rendue folle par la rentabilité. Aux multi nationales qui nous mènes par le bout (du portemo) nez ?
Toujours plus bas, toujours plus, pour toujours moins. Voilà la réalité dans laquelle je circule actuellement. Je suis attristé.
J’ai envie de dire que j’ai vu ce changement les dernières 20 années. J’ai connu l’époque ou l’on achetais pas un cheval à moins 20.000.-frs. Ou l’on était toujours des élèves avide d’apprendre et non des clients – roi.
Cela ne me motive en rien à ré-ouvrir des écuries comme tant de gens me le demande si souvent. Car je devrai me heurter à celà :
Je Veux:
- un cheval pas cher
- une pension pas cher
- une selle pas cher
- un véto ou dentiste pas cher
- un pareur ou maréchal pas cher
- un prof pas cher…
Traduction:
Un cheval difficile, malade, boiteux ou de boucherie (afin de « sauver” en plus d’économiser!!)
Un pension qui économise sur la qualité des fourrages (ou nourrit comme un vache à choix), du grains, sur la qualité et le manque d’installations…
Une selle de mauvaise qualité, quitte à ce qu’elle blesse mon cheval…(oui mais le vendeur du magasin m’a doit que ca allait…?)
Un veto ou dentiste qui ne vient pas trop souvent! Quitte à appeler un confrère aux moins longues études …
Un pareur ou maréchal qui ne demande pas cher, alors qu’il tiens entre ses mains le 80% du bien être de votre cheval…
Un prof pas cher, surtout que je viens déjà de dépenser en pension, selle, véto, parreur, dentiste… il faut pas déconner.
Vous avez tendance à l’oublier.
Alors avant d’acheter (ou de sauver…) un cheval, pensez y, toute cette nouvelle économie du cheval ne va pas tenir longtemps. Elle est d’ailleurs déjà bancale. A ce rytme le nombre de propriétaire de chevaux aura doublé dans 10 ans, mais la taille de nos campagne aura diminué.
Posséder un cheval est un luxe. Et devrai le rester pour le bien être de celui ci.  ABE
Esh Pewa.

4 Responses to “Coup de gueule économique.”

  1. marie

    En même temps il ne faut pas oublier que c’est pas parce que quelqu’un a de l’argent qu’il saura mieux s’occuper d’un cheval…
    Du coup je ne comprends pas pourquoi vous dites que possèder un cheval devrait rester un luxe.
    Faire des tarifs “abordable pour la majorité des gens”, c’est donner à cette majorité la possibilité de découvrir la méthode en laquelle on croit, c’est donner aux gens la possibilité de choisir son prof, et de le faire venir aussi souvent qu’il est nécéssaire.

    Mais il est evident que personne ne doit (peut) travailler gratuitement…

    Répondre
  2. Claudia

    Bonjour Virginie,…
    Votre coup de gueule est excellent….
    Nous vivons à l’ère de l’économie à tout prix, et du boulot à fond,…à se demander après quoi l’on court ainsi, moi la 1ère.
    Acheter au plus bas prix, toujours trouver L’AFFAIRE du siècle, c’est devenu une façon de vivre de beaucoup de familles qui ne peuvent tout simplement pas faire autrement pour s’en sortir….
    Acheter à l’étranger, matériel, aliments, fourrage…. Quelle bêtise…. au bout du compte on se retrouve avec un foin moisi et plus personne pour le reprendre,…. alors que le paysan du coin vend ou vous livre du bon foin qui, au besoin, sera remplacé si pas top…
    Acheter dans des grandes maisons de vente par correspondance alors que le petit magasin spécialisé du coin saura surtout vous conseiller, qui souvent échangera au besoin un achat non adapté, permettra un essai, vous fera un léger rabais et cela….oui oui, j’ai pu le vérifier….moins cher qu’une grande surface.
    Trouver des pensions pour 500frs tout compris,…. mais où va-t-on…? Enfin où vont aller nos chevaux ainsi….? On ne peut, selon moi; et cela n’engage que moi, entretenir et nourrir, de la meilleure des manières, un cheval à ce prix-là.
    Oui, le cheval est un luxe,… ceci ne veut pas dire que seuls les hauts salaires peuvent se payer ce luxe. Cela veut dire également que même un bas salaire, peut se payer ce luxe, mais seulement au prix d’un grand sacrifice sur ses loisirs et activités, tout sera fait en fonction du cheval et de lui fournir le meilleur.
    Avoir un bas salaire et avoir un cheval, c’est cela le vrai luxe, car tous les matins on sait exactement pourquoi on part au turbin, on est prêts à tout pour eux,….et en leur présence on se sent juste RICHE d’émotions, de sentiments, de liberté…quel LUXE
    Cordialement Claudia

    Répondre
  3. Robert

    Coup de gueule, plein de bon sens,
    Picasso était assis à une table de restaurant lorsque une femme toute agitée et fière de l’avoir reconnu s’approcha de lui pour le saluer. Elle lui demanda s’il aurait la gentillesse de lui faire juste un petit dessin comme souvenir de cette belle rencontre. Picasso s’exécuta aussitôt et gribouilla sur une serviette une petite œuvre qu’il signa et la tendis à la dame toute rayonnante. Cela vous fera dix mille francs Madame ! La femme recula un peu, toute étonnée et lui dit : – c’est quand même cher, pour vingt secondes! Picasso lui répondit : sachez chère madame, qui m’a fallu vingt ans pour pouvoir réaliser ces vingt secondes…
    On parle d’art équestre et l’art n’as jamais été bon marché. L’art est bien souvent pas assez cher.
    J’ai été propriétaire de chevaux. Mon expérience donne le résultat suivant:
    - chaque année j’ai dépensé environ CHF 15’000.- /cheval, (écurie, nourriture, cours, brevet, dentiste, maréchal-forgeron, sellier, vétérinaire, clinique, matériel de pansage et protection, matériel de monte, matériel d’attelage, vans, 4×4, barrière mobile, déplacement, assurances, papiers, etc..). Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, si vous résidez en Suisse vous aller pouvoir faire varier ce chiffre seulement de quelques pour-cent. Il est clair que si vous oubliez que le cheval à des besoins spécifiques, vous allez pouvoir diminuer les charges mensuelles. Chaque personne qui souhaite faire l’acquisition d’un cheval, devrait être consciente que c’est énormément d’argent aussi.
    Certain ne se rendent simplement pas compte que certaines minutes de cours peuvent leurs faire économiser vingts ans de travail seul.
    Sincèrement Robert

    Répondre
  4. Romane

    ça ne me dérange pas de payer le prix pour le bien être de mon cheval mais encore faut-il le pouvoir! Tout mon argent passe dans mon cheval par ce que je veux ce qu’il y a de mieux pour lui, pas de produits au rabais ou bas de gamme. En revanche, dire qu’un cheval est un luxe et qu’on ne peut en avoir un que par ce qu’on est riche, je ne suis pas d’accord. La passion n’a pas de prix ou de classe sociale et l’amour des chevaux non plus. Je m’occupe bien de mon cheval avec mes moyens, il est dans une pension avec une nourriture de qualité bien que j’aimerai lui offrir mieux (mais on a pas beaucoup de choix vers chez moi). J’ai sauver mon cheval. Non pas par soucis financier (je pouvais m’en acheter un dans un élevage) ou pour me faire mousser mais par ce que c’était lui, point. Et je ne regrette pas ce choix. Il a bien sur été malade et est marqué par son passé. Il faut bien sur être dans la réalité mais il faut que le cheval reste accessible a un grand nombre sinon, c’est la mort de la filiére. Je trouve en effet certaines pensions. Selon les régions en France, ça varie de 50€ à 160€ par mois pour les mêmes prestations! Et n’oublions pas que les chevaux nous sauvent aussi quelque part, c’est une sorte de thérapie et je trouve que cela ne devrait pas être réservé qu’aux riches.

    Bonne soirée, Romane.

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas publi)